Mercredi dernier, huit jeunes ont été interpellés dans un autobus à hauteur de 8e Mille, Triolet. Ils se sont livrés à des gestes et commentaires indécents. Incapable de supporter de tels agissements dans un autobus public, un passager a téléphoné au poste de police de Triolet pour faire part de la situation.

L'interrogatoire des jeunes devait révéler que sept d'entre eux, dont deux collégiennes, étaient des mineurs âgés de 15 à 17 ans. Une fouille des effets personnels des trublions devait déboucher sur la saisie de disques vidéo à caractère pornographique et de paquets de ci-garettes.

Ces jeunes auraient dû se trouver en classe à l'heure où ils ont été interpellés. Faute d'un moyen de contrôle rigoureux et de sanctions efficaces, de nombreux collégiens se trouvent ailleurs que sur les bancs de l'école pendant la journée. Déjà, en début d'année, le pays a été secoué par l'épisode "The Show" qui démontre que les jeunes jouissent d'une trop grande liberté et se laissent aller à des actes dont ils ne mesurent pas les conséquences.

Le comportement dévergondé et licencieux de certains collégiens, leur conduite immorale, leur manque total de pudeur dans les lieux publics, notamment dans les bus, la vulgarité de leur langage et leur brutalité inquiètent sérieusement les autorités. Les enseignants assistent impuissants à cette dissolution des moeurs et n'hésitent pas à pointer du doigt les principaux coupables : les parents.

Joëlle Cheung Sun Hon, psychologue, estime que les parents sont amplement responsables de la situation qui prévaut. Elle ajoute que l'éducation des enfants a été sacrifiée au profit du progrès socio-économique. "La décadence de la jeunnesse mauricienne est grandement due à la non-participation des parents à l'éducation car la principale préoccupation de ces derniers est devenue, au fil des années, le besoin de travailler davantage pour subvenir aux besoins de la famille. Tout cela a été fait au détriment de l'éducation morale des enfants." Elle déplore également l'attitude de certains parents qui s'acharnent contre l'autorité au moindre gémissement de leur enfant.

La violence ne se limite pas à l'adolescence. Elle s'est infiltrée chez les plus petits. Un enseignant a été empoisonné par des élèves de Standard VI. Ces enfants, âgés pour la plupart d'une dizaine d'années, ont eu l'audace de mélanger des substances nocives à la nourriture de l'enseignant.

La jeunesse mauricienne semble être désorientée. Cette impertinence des jeunes reflète à la fois une irres-ponsabilité des parents et de la société en général et d'autre part l'incapacité des autorités à oser réagir pour lutter contre la délinquance juvénile.

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